L’art des mots

Lorsque j’écris, je suis dans un tourbillon d’inspiration, c’est comme si j’étais à deux doigts de mourir, comme s’il y avait une véritable urgence à tout dire, c’est comme une vague de chaleur qui m’emporte où je suis sur le point de disparaître et de me fondre dans l’univers et le décor.

Un peu décollée du réel mais avec une intensité souterraine qui me ramène par la peau des sens à l’instant et où je me mets à vivre comme jamais, où je me sens présente au delà de tout, palpitante à demie ivre du ressentir.

C’est une des choses qui me fait le plus vibrer sur Terre et que j’aime le plus faire.

Alors si l’on peut recevoir toute la passion et l’Amour que je mets dans ce que j’écris, puis goûter un peu de la joie que j’ai de jouer avec les mots puis les rythmes, sentir un soupçon de cette puissance qui monte en s’enfonçant de plus en plus dans les veines du texte, les mots qui tournent, perdent et rattrapent comme une ritournelle battant l’ambivalence, comme un cœur « baboum » sa propre rythmique alors l’on a vu l’essentiel de ce que je suis, de ce qui peut passer de meilleur à travers mon être perméable et sensible. C’est le plus beau cadeau pour moi. Que l’on comprenne ce qui ficelle mon art.

Que l’on saisissent un tout petit rien de tout ce qui m’anime au plus profond.
Capter cela est presque autant précieux pour moi que mon élan de l’écrire et si – en plus – ce que j’aime peut résonner à son tour dans le cœur d’autres êtres et apporter de la joie ou une forme d’inspiration et d’apaisement alors je suis riche.

Et ma flèche a touchée par grâce et sans même le rechercher, juste par l’extase de mon propre plaisir, le cœur de bien plus d’une cible. Ça a une valeur vraie à mes yeux.
C’est une des choses les plus chères et de la qualité de la volonté de vibrer et transmettre ce qui tient depuis le fond des temps et infiniment à l’âme, au cœur et aux tripes.

Aurélia Delescluse.