Lorsque nous sommes alignés avec notre âme et sa vérité et que le réel en est le prolongement direct et l’instrument du sublime, quelque chose de l’ordre de la grâce apparait et se produit.
Cette grâce apporte la vie avec elle, car elle s’y love. Elle nourrie. Elle allume un feu. Un phare, un courage au ventre et un brasier derrière les yeux. Elle devient boussole. Étoile. Vent solaire. Direction Divine.
Le cœur s’ouvre et le geste s’en joint à la parole alors à cet endroit précieux de l’être le désert se fait source limpide. Et la roche – hier encore aride – laisse éclore ses fleurs alchimiques et les arbres – fatigués d’être timides – offrent leurs fruits sans peine et retenue. L’air devient une musique qui colore les espaces vides et remplie l’atmosphère de chants et d’éclats de rire. Tout fait sens et se transforme autour. Tout tinte, tout danse, virevolte, devient fluide et ballet. Force et beauté. Profondeur et simplicité. Tout s’accorde à la vie. Avec tendresse. Tout se rencontre. S’élève. Frissonne. Exhale. Et naturellement, par l’instinct, avec la fermeté et la souplesse d’une aile qui sait exactement dire au vent où elle désire ardemment se rendre, tout arrive à l’heure, à point et à destination. Alors en corps à corps avec le vrai et sans décalage d’intention. Tout rentre en cœur à cœur et s’unit.

Aurélia Delescluse, Fleurs de l’Une ©