J’ai rêvé de me déposer un jour comme sur un nuage de paix.
Sans traduction, sans description, sans décalage, sans script et sans prose.
Avec juste un courant d’osmose qui palpite.

Puis transmet l’écho du sentiment.

Ô mon ami ne change pas mes larmes en miel pour ton salut.
Ne dévie pas le courant de mes veines qui rougissent pour en retenir le flux.
Ne modifie rien.
Pas une couleur.
Pas un éclat de rire.
Pas un drame.
Ni une seule déchirure.
Un bleu au corps ou même une infime cicatrice…

Et gardes en la broderie intacte pour qu’elle nous délivre.

Embrasse moi – juste ici – où luisent toutes mes blessures.
Et rayonne moi – sous le vent – où je semble encore te fuir.

Viens te lover près du déséquilibre en mouvement circulaire.
En chaque temps.
Car chaque espace.
Chaque ouvrage.
Vaut la peine qu’on l’éclaire.

Veut l’espoir de se lire.

Ô laisse moi vivre et danser juste là où je vibre.

Viens t’enrouler avec mon âme.
Baignée sous ses perles de pluies.
Sous mes cascades.
Accueille.
Chaque pénombre de ma nuit.
Chaque douleur.
Chaque cri qui m’inonde derrière mon sourire.

Sois délicat.
Sois profond.
Sois « fragilement » solide.
Sois présent.
Généreux, investi.
Sous mes secousses sismiques.

Sois le refuge de douceur qui m’abrite, dans ce monde insensible.

Et escalade toi aux ailes d’or de mes papillons ivres.

Souffle.
Inspire.
Tourbillonne.
Envole toi au rythme de mes creux et de mes bosses qui tremblent.

Viens voyager avec mes oiseaux géants, sur mes cils et par dessus les lacs.
Et contre la mousse de mes torrents. Écoute, frissonne, exhale.

Souviens toi de toujours laisser notre cœur d’enfant libre.
Maintenant et ici, viens hurler avec mes loups et au travers de mes branches qui bruissent…

Te résonner au son de mes tambours et de mes dimensions multiples.

Ô mon ami ne change pas mes joies en fiel pour ton profit.
Ne dévie pas le courant de mes rêves qui fleurissent pour en dévoyer le fruit.
Ne modifie rien.
Pas une musique.
Pas un excès.
Pas une poésie.
Ni une seule cachette.
Un repli secret ou même un infime écueil…

Et gardes en la broderie parfaite pour qu’elle ramène à l’essentiel.

Embrasse moi – juste ici – où luisent toutes mes ratures.
Et rayonne moi – sous le vent – où je semble encore timide.

Ô laisse moi vivre et danser juste là où je vibre.

J’ai rêvé de me déposer un jour lentement comme au creux d’un ciel limpide.
Et de retrouver – un peu de repos – auprès d’une transparente clarté.
De me laisser flotter dans un berceau nacré.
En tête à tête et sous un nuage fluide.
Qui caresserait mon front, enveloppant mes craintes d’étoiles qui brillent.

Qui prendrait soin de moi – un peu – comme d’une âme sœur que l’on cajole.
comme d’un double amoureux, un bienfaiteur couronné d’une auréole.

Et je pourrai tout y Être.
Déjà offerte à la tendresse.
Avec toutes mes teintes, ma passion et mes prouesses.

À cet endroit absolu de l’invitation et du geste.
Et à l’épicentre de mes silences les plus intimes.
Je n’aurais plus jamais peur de tout dire.
Et entre mes mots du cœur aussi bien mis en évidence.
D’être incorrecte ou un jour dans l’offense.

Alors laissée libre et souveraine.
Comme une Fleur de lune bénie par le Soleil.
Faite Reine par les abeilles et l’Amour Pur.
Je serai – enfin pleine et entière – volontiers à l’heure de notre rendez vous.

Aurélia Delescluse, Fleurs de l’Une ©