L’Amour nous réveille à la vie donnant du sens aux plus petites choses. Tout devient ballet et danse limpide, tout devient subtil, le ciel nous fait des clins d’œils depuis les nuages et tout se coordonne et crépite de sens inédits.
Tout est ainsi transformé.
C’est comme dans le roman du Petit Prince – un de mes favoris – cela m’y fait penser à cette histoire merveilleuse du Renard qui avant s’ennuyait dans sa routine monotone à chasser les poules et à craindre les hommes qui le chassaient à son tour.
Il n’en souffrait pas vraiment puisqu’il était habitué à vivre pour survivre; pas content ni triste juste dans le « je » du monde et de ce que la vie avait posée devant et derrière lui.

Et après sa rencontre avec le petit Prince l’éveillant au lien – au delà de la peur – à la rencontre de l’autre et à la joie de s’y lover, de s’abandonner à la douceur du languir, il goutta au sentiment d’Amour puis ensuite à la douleur de son éloignement.
Une souffrance anoblie par le trésor que l’Amour lui permit de découvrir en lui même : une larme belle et pleine de son souvenir porté en parure pour toujours autour de son cœur ouvert comme une fleur désormais. Car lorsque l’on découvre l’Amour les choses prennent du sens et tout est éclairé d’un coup par le sentiment à la lumière de son expérience.

Tout est changé.
Et même si son ami n’est plus à ses côtés tout près de lui.
Il a connu la joie du dehors qui a éveillé celle du dedans qui était endormie. Il l’a réveillée et portée jusqu’au cœur, aux yeux et au sourire.
Il lui a montré le ciel et qu’il serait dedans éternellement donnant pour lui du sens aux étoiles, changeant sa vision des astres à jamais.

Oui il a connu l’Amour et l’Amour l’a connu et maintenant il peut percevoir et contempler la vraie beauté des choses et des détails qui avant ne signifiaient rien pour lui. Il lui a réveillé l’intérêt de la tendresse. Tout le bon du prendre soin. Le gout de la poésie.

Alors il est devenu sensible et maintenant le monde entier peut entrer dans son cœur comme un invité du sublime.

Et pour toujours le blé sera doré comme de l’or et pour toujours l’or sera blond comme le blé et sa blondeur sera semblable à la chevelure de son Petit Prince retourné faire rire les étoiles auprès de sa Rose unique, faisant chanter le cœur du Renard ramené – par Amour du lien – tout vibrant et présent à la vie.

L’Amour même avec ses douleurs donne du sens à nos existences.
Il ne faut jamais regretter d’avoir aimé car à chaque fois, l’on entraine un peu plus son cœur à s’ouvrir.
On voit là où hier l’on était encore aveugle, on entend où hier l’on était encore sourd, on parle là où hier les mots restaient cachés sous terre, on ressent où hier l’on ne sentait rien du tout et l’on devient plus précis là où hier l’on était indécis.

On devient doux pour l’Amour. Et l’Amour par grâce nous rend plus doux en retour.
Alors c’est toujours d’une tendresse…

Aurélia Delescluse, Fleurs de l’Une ©